Industrie 4.0 : la reprise économique passe aussi par l’investissement dans la sécurité

juin 10, 2020
Une tribune par Philippe Billet, Directeur Général Ascom France et Iberia. La crise du coronavirus a particulièrement affecté l’industrie française, entrainant des mesures de protection drastiques. La culture de sécurité des entreprises a été mise à rude épreuve ! A présent que l’économie redémarre progressivement, le développement de cette culture de sécurité sur nos sites industriels devient un enjeu essentiel, d’avenir. Celui-ci est-il compatible avec l’investissement dans la transformation digitale de nos usines ? Complètement. A condition que les fournisseurs de technologies évoluent aussi.

Du système D à une véritable culture de sécurité industrielle

Entre mars et mai, sécurité en entreprise rimait avec masques, gants, gel hydro alcoolique, outils de distanciation sociale… Et la crise sanitaire a particulièrement touché l’industrie française : « L'Hexagone n'utilisait que 30 ou 40 % de ses capacités industrielles en avril » selon Olivier Scalabre, le responsable de l'industrie européenne au Boston Consulting Group. Les sites industriels se sont adaptés au pied levé, comptant parfois sur la créativité de ses collaborateurs pour assurer une protection suffisante.

Désormais, la crise sanitaire semble dernière nous et, prise de conscience oblige, on ne parle plus de système D mais bien de la mise en place d’une véritable culture de sécurité. Déjà parce que la Loi oblige les managers à protéger les salariés d’une entreprise mais aussi parce que, et cela est moins connu, sécurité industrielle est synonyme de performance industrielle ! Selon le rapport de l’association internationale de la sécurité sociale (AISS), les entreprises peuvent espérer un retour potentiel de 2,20€ pour chaque euro investi dans la sécurité. A l’heure de la reprise économique, l’investissement paraît crucial.

Tendre vers le risque zéro grâce au digital

Malgré toutes les mesures en matière de prévention et de gestion du risque, la probabilité qu'un accident survienne en industrie n'est jamais nulle. Tout simplement parce que le facteur humain reste le facteur essentiel du risque et nul n’est infaillible ! Et en cas d‘accident dans ce secteur, chaque minute compte ! Pour réduire significativement l’impact d’un accident industriel, l’usage des nouvelles technologies dans la mise en place de dispositifs PTI (Protection du Travailleur Isolé) et DATI (Dispositif d’Alarme pour Travailleur Isolé) doit être un enjeu fondamental de l’usine 4.0.

La technologie d’aujourd’hui permet aux managers de superviser l’ensemble des alertes des sites industriels depuis une plateforme digitale unique, qu’ils s’agissent des alertes de sécurité des collaborateurs émises depuis leurs smartphones professionnels ou des alarmes techniques des bâtiments. Bien paramétrés, ces outils de supervision sont capables d'élaborer des scénarios de gestion de risques et d'alertes en temps réel, adaptés aux règles de gouvernance d’un établissement, quel que soit la complexité de l'organisation. Sur des plans interactifs en 3D, localiser une alarme ne nécessite qu’un simple coup d’œil. Car la problématique majeure de la sécurité se résume en une question : comment être le plus réactif possible et porter secours le plus rapidement en cas d’accident ?

Le rôle du fournisseur de technologies évolue

Cette question de la réactivité n’incombe plus seulement au Manager ou chef d’entreprise. C’est aussi (et de plus en plus) la responsabilité des fournisseurs de technologies dont le conseil est fondamental pour tirer le meilleur des investissements. Objectif des solutions technologiques : répondre à une tendance forte du marché en décomplexifiant la gestion des risques tout en garantissant de hautes performances. Car simplifier l’expérience utilisateur permet de favoriser l’adoption de la culture de sécurité en entreprise.

Pour cela, les fournisseurs de technologies ont besoin de faire évoluer leur métier. Il ne s’agit plus seulement d’apporter une brique technologique, mais aussi un accompagnement de proximité avec toutes les parties prenantes d’une entreprise, à l’heure où les services se décloisonnent. Car la transformation digitale doit se conduire sous deux aspects : l’accompagnement humain doit permettre de tirer profit au maximum de la puissance technologique. Cette double casquette, qui permet de tendre vers l’opérateur augmenté, est l’avenir de notre métier et la condition sine qua none au développement de notre performance industrielle nationale.

 

 

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